Réforme forestière : les zecs, les chasseurs et les pêcheurs dénoncent un manque d’écoute
Le dépôt du projet de loi 97 pour moderniser le régime forestier en avril dernier continue de faire couler beaucoup d'encre. Même si plusieurs étapes doivent encore être franchies avant son adoption, le projet de loi de la ministre Maïté Blanchette Vézina suscite plusieurs préoccupations chez Zecs Québec et chez les chasseurs et les pêcheurs. Si la forêt publique occupe près de la moitié du territoire québécois, les 63 zecs du réseau sont réparties sur 48 000 km2. L'absence de dialogue social pour élaborer le nouveau modèle est dénoncée. Myriam Bergeron est directrice générale de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) et du Réseau Zec Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Le Réseau Zec Québec fait partie d’une coalition avec plusieurs autres fédérations et syndicats pour dénoncer ce qu’ils qualifient L'un des principaux points de discorde est le concept de triade, soit de diviser la forêt québécoise en trois zones, dont une zone d'aménagement forestier prioritaire pour la récolte de bois. Ces catégories comprendraient aussi des zones multi-usages et des zones de conservation. Actuellement, le territoire forestier est considéré comme une zone multi-usage. La grogne se fait aussi sentir à la Fédération des chasseurs et des pêcheurs du Québec. La Fédération estime que le projet de loi confère trop de pouvoir à l'industrie forestière. Elle demande à ses membres d'interpeller leur député régional par l'entremise d'une lettre dans l’espoir de faire bouger les choses. La Fédération des chasseurs et pêcheurs est préoccupée par la façon de faire du gouvernement dans le projet de loi 97. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Tant le Réseau Zec que la Fédération des chasseurs et des pêcheurs préparent d'ailleurs un mémoire et espèrent la tenue d'une commission parlementaire. Des communautés autochtones s’opposent aussi au projet de loi 97, dont celle de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean. Réagissant pour la première fois au nouveau modèle proposé par Québec, l’entreprise Domtar se réjouit de voir que le gouvernement a entendu les préoccupations de l’industrie forestière et espère que le régime remodelé offrira plus de prévisibilité à long terme. Pour ce faire, l’horizon des plans d’aménagement forestier serait augmenté de 5 à 10 ans. Domtar, qui compte près d'une trentaine d'installations au Québec incluant celles appartenant autrefois à Produits forestiers Résolu et à Groupe Papier Excellence, défend aussi la création de zones qui seraient réservées exclusivement à l'industrie forestière. Celles-ci seraient déterminées par des aménagistes régionaux. Non ce n'est pas un chèque en blanc à l'industrie, c'est un territoire qui va rester public. Étienne Vézina est vice-président certification et foresterie pour Domtar. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier Malgré l’opposition de plusieurs groupes au nouveau régime forestier, le vice-président croit qu’il est possible que tous les usagers de la forêt y trouvent leur compte. Domtar espère aussi être entendue pendant les consultations en commission parlementaire, un processus que le gouvernement devrait entamer à la fin du mois de mai. La taxe sur le bois d'œuvre de 14,5 % est toujours en vigueur avec les États-Unis. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue Par ailleurs, Domtar ne prévoit pas de procéder à des annonces d’investissement dans ses usines du Saguenay-Lac-Saint-Jean à court terme. La taxe sur le bois d'œuvre de 14,5 % imposée par les États-Unis, en vigueur depuis août 2024, continue de faire mal au secteur forestier. Même au niveau de l'aménagement, c'est des choses qu'on avait déjà étudiées puis où on s'était déjà prononcé en faveur. Sauf qu'en ce moment, le projet de loi, il ressemble à un chèque en blanc à un gouvernement où on ne sent pas d'écoute pour notre genre de secteur parce qu'on ne sait pas comment les choses vont être appliquées
, critique la directrice générale de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique et du Réseau Zec Québec, Myriam Bergeron.
d’échec annoncé de la réforme du régime forestier
.Les chasseurs et les pêcheurs veulent être entendus
On a un gouvernement qui a dit qu'il protégerait les habitats. On s'efforce de protéger les habitats, le caribou. Puis là, il va y avoir une zone prioritaire qui nous semble mal expliquée
, lance le directeur général de l'organisation, Marc Renaud.
On dit aux citoyens que là, il faut se réveiller et il faut dire au gouvernement que non, ça ne passe pas, c'est assez. Si on regarde l'historique dans les derniers mois, il y a eu Stablex, Northvolt. On s'en va vers où là?
renchérit Marc Renaud.Domtar ouverte au dialogue
Ça demeure vraiment une zone qui est accessible à tous et on appuie la ministre dans sa réaction de dire que c'est aux régions d'établir quel pourcentage sera le mieux dans chacune de ces zones-là parce que ce n'est pas vrai qu'au Québec, on peut avoir un seul modèle qui répond à toutes les régions. [...] Dans ces zones à vocation forestière prioritaire, dans certaines régions, on entend déjà dire que ce n'est peut-être pas la meilleure approche
, expose Étienne Vézina.
Nous, on croit fermement que la forêt au Québec et le territoire globalement sont suffisamment grands pour concilier l'ensemble des usages
, rétorque-t-il. M. Vézina ajoute que l’entreprise est ouverte aux discussions avec les partis impliqués.
Pas d’annonces à venir
Je vous dirais que souvent les listes sont plus longues que nos capacités et là, c'est le contexte économique actuel qui nous ralentit un peu dans ce qu'on peut faire
, explique Étienne Vézina. Il précise aussi que le prix du bois est plus bas sur le marché que ce que l’industrie avait anticipé.Évidemment, il y a moins de revenus, donc moins de possibilités de réinvestir. Nous quand on fait de l'argent, généralement, l'une des premières choses qu'on regarde, c'est où est-ce qu'on peut investir pour maintenir nos actifs à leur meilleur niveau.
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